Honoré de Balzac : Ursule Mirouët (1842)

ursule-mirouet-1559172Depuis l’année 2013, j’ai débuté la lecture des œuvres contenues dans La Comédie humaine d’Honoré de Balzac, un écrivain fascinant, quoique mal aimé par les lecteurs contemporains. Dans un premier temps, j’ai lu l’ensemble des romans et nouvelles que composent les Études philosophiques, ce qui représente pas moins de vingt œuvres. J’en ai d’ailleurs rendu compte dans une série de billets « postés » sur ce blogue, dont le premier remettra ce projet de lecture en contexte.

Après les Études philosophiques, j’initie maintenant un autre cycle de lectures : les Scènes de la vie de province, une série de treize ouvrages qui constitue une des trois volets des Études de mœurs. Et ce cycle, je le débute avec Ursule Mirouët, un roman publié la première fois en 1842 et que vous pourrez vous procurer sur plusieurs sites de diffusion d’œuvres libres de droit comme, par exemple, la Bibliothèque électronique du Québec ou chez Éfélé.

Ursule Mirouët est le nom de cette orpheline recueillie par le docteur Minoret, un médecin qui, une fois à l’âge de la retraite, est venu se réinstaller à Nemours, une petite ville en Seine-et-Marne au début du XIXe siècle. Comme c’est souvent le cas chez Balzac, le début est lent… car cet auteur aime bien planter le décor et ses personnages avant de commencer à raconter son histoire. Et cela peut occuper plus de 20% de l’ouvrage…. Il arrive parfois que le lecteur non averti ait envie de décrocher… mais mal lui en prendrait parce que, à partir du premier aparté, l’intrigue devient soudain passionnante…. Et c’est d’ailleurs Balzac lui-même qui annonce à ses lecteurs que le meilleur est à venir… : « En ces conjonctures, un mois avant le jour où ce drame commence, il arriva dans la vie intellectuelle du docteur un de ces faits qui labourent jusqu’au tuf le champ des convictions et le retournent, mais ce fait exige un récit succinct de quelques événements de sa carrière médicale qui donnera d’ailleurs un nouvel intérêt à cette histoire. »

Voilà, le mot est dit : l’histoire prend un nouvel intérêt… alors qu’il ne s’agit que d’un aparté, un événement qui se produit « un mois avant le jour où ce drame commence… » Cet aparté, ou plutôt cette longue parenthèse, raconte la conversion au catholicisme du docteur Minoret, jusqu’alors disciple de Voltaire et des Encyclopédistes. Cette parenthèse à elle seule aurait suffi à classer ce roman dans les Études philosophiques… tellement nous sommes loin de ce supposé réalisme de l’œuvre balzacienne. En effet, cette « conversion » relève plutôt de l’illustration « concrète » des théories de la transmission de la pensée (ou du spiritisme, si vous préférez) chères à Balzac et n’est pas sans rappeler La messe de l’athée, un autre roman paru quelques années plus tôt (1836).

Comme vous le savez, Balzac n’est pas toujours facile à lire. Contrairement aux romans contemporains, souvent hyper structurés, ses récits se poursuivent sur des centaines de pages sans qu’il ait jugé bon de les structurer en chapitres… mais ceci a pour effet d’offrir au lecteur des romans d’une richesse incomparable dont les intrigues, foisonnantes à souhait, ne cessent d’alimenter notre désir d’aller plus loin.

Dois-je résumer l’histoire d’Ursule Mirouët ? Disons simplement qu’il s’agit d’une histoire sombre et romantique à la fois. Sombre parce qu’elle met à jour la cupidité de certains êtres humains qui sont prêts à toutes les vilenies pour s’accaparer l’héritage d’un vieil homme au détriment de l’orpheline et ce, sous le seul prétexte qu’ils ont des liens familiaux avec celui-ci. Romantique parce que Balzac met en scène le personnage de Savinien de Portenduère, un noble au cœur pur… mais sans le sou, comme de raison, qui épousera Ursule après avoir patiemment attendu l’autorisation de sa mère qui voyait d’un mauvais œil cette alliance avec une roturière, même dotée de plusieurs millions.

Voilà, nul besoin d’en savoir davantage pour entreprendre cet ouvrage, premier en titre des Scènes de la vie de province.

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