The Killing (série américaine)

killingJ’ai écouté les deux saisons de cette série américaine sur Netflix. J’écris « deux saisons » mais, dans les faits, il n’y en a qu’une, car chacun des vingt-six épisodes relate une journée dans l’enquête que mènent Sarah Linden et son collègue Holder pour résoudre l’assassinat de Rosie Larsen, une jeune fille de seize ans. Cette série, je l’ai découverte un peu par hasard. Je dois vous dire que je suis assez difficile en matière de consommation télévisuelle. Je travaille beaucoup dans la vie et, quand j’écoute une série ou que je lis un roman, le réalisateur ou l’auteur doit absolument me sortir de mon monde pour m’entraîner dans le sien. S’il n’y réussis pas, je renonce vite… Je suis comme ça: je dois « croire » à l’histoire qu’on me raconte, un peu comme un gamin « croit » au Père-Noël en âge préscolaire.

En raison de la nature policière de cette série, je ne peux évidemment pas vous raconter l’histoire… Par contre, je peux vous divulguer deux ou trois choses que j’ai aimées dans The Killing : le décor de Seattle qui, pour l’occasion, rappelle assez le Danemark, pays dans lequel la série a été présentée la première fois (cette version est un remake américain) ; les personnages, notamment celui de Holder, le partenaire de Linden ; l’ambiance générale qui m’a rappelé certains romans de Simenon, en raison notamment de cette pluie qui semble constante… Mais la chose que j’ai la plus aimée dans cette série, et qui les vaut toutes, réside dans le traitement des victimes, en l’occurrence la famille Larsen. En effet, le réalisateur de The Killing a pris bien le temps de faire comprendre – ou plutôt, devrais-je dire: de faire ressentir – ce que vivent les victimes. Aussi le meurtre en lui-même suscite notre indignation, mais le comportement des victimes remporte notre empathie totale, et je dois dire que, dans les premiers épisodes, on n’en sort pas indemne. Moi, en tous les cas, cela m’a touché au coeur et aujourd’hui, plus qu’hier, je peux comprendre le désarroi que peuvent vivre des proches à la disparition d’un des leurs. Cette empathie envers les victimes, vous la ressentirez jusqu’au vingt-sixième épisode, épisode ultime où l’affaire s’avère enfin résolue.

The Killing m’a rappelé un peu Broadchurch, cette télésérie britannique qui a rencontré un certain succès. À mon avis, toutefois, elle la dépasse en intensité et, surtout, en authenticité. Certes, The Killing est une série policière comme tant d’autres, mais l’enquête s’y déroule dans un contexte politique, social et économique rarement évoqué avec une telle véracité dans les séries habituellement diffusées à la télévision américaine. Mais peu importe la politique qui, en fin de compte, ne s’avère jamais propre, même avec les meilleures intentions du monde. Ce que The Killing nous apprend, ce qu’elle peut nous transmettre le mieux, c’est le caractère unique et sacrée de la vie humaine. Chaque vie humaine fauchée avant qu’elle ne soit vécue constitue une perte irrémédiable, une perte qui laisse les survivants dans un désespoir sans nom. Les victimes se relèvent toujours de la perte d’un proche, mais leur vie en reste à jamais inchangée. Ça, si vous ne l’avez pas déjà compris, vous le comprendrez mieux après avoir vu The Killing.

The Killing, série américaine (2011-2014) réalisée par Veena Sud avec Mireille Enos, Joel Kinnaman, Billy Campbell, diffusée sur Netflix.

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