Octave Feuillet : La roman d’un jeune homme pauvre

feuillet
Wikipédia.fr, 2015

Connaissez-vous l’écrivain français Octave Feuillet (1821-1890)? Et bien… moi, non. Plus les années passent, plus je deviens vieux, et plus je deviens vieux, plus je m’étonne chaque fois de découvrir un auteur, un compositeur, enfin… un artiste que je ne connaissais pas. Je me dis alors que ceux qui ont quitté ce monde trop vite ont raté quelque chose.

Bon, revenons à ce Feuillet. Je l’ai découvert alors que je m’apprêtais à débuter la lecture d’un ouvrage d’un autre écrivain, un auteur souvent assimilé à la littérature dite mineure du tournant du siècle (je parle du XXe siècle, bien entendu) : Pierre Loti (1850-1923). En effet, l’éditeur de textes libres de droit Effélé diffuse ses œuvres complètes, et le premier tome de celles-ci reproduit son discours d’entrée à l’Académie française, discours qui s’avère en fait un hommage à Octave Feuillet dont il reprend le siège suite au décès de ce dernier. Et voilà que Pierre Loti, disparu depuis bientôt cent ans, m’a référé à un écrivain plus vieux que lui encore… et il l’a fait à son détriment, car j’ai lu Feuillet, et pas Loti, du moins pas encore.

D’Octave Feuillet, je viens de lire Le roman d’un jeune homme pauvre. Le récit, d’une simplicité quasi juvénile, prend la forme d’un journal intime tenu par Maxime-Jacques-Marie Odiot, marquis de Champcey d’Hauterive, un jeune homme d’origine aristocratique qui vient d’apprendre, à la mort de son père, qu’il est complètement ruiné. Ce père, un passionné des courses de chevaux, n’a laissé que des dettes à ce fils qui doit, par ailleurs, assumer les frais de subsistance de sa sœur au couvent. Pour s’en sortir, après avoir connu la faim pendant quelques jours, il accepte un poste d’intendant dans un domaine de la Bretagne profonde. Là vit une famille roturière dont le chef de famille, un vieillard de plus de 85 ans, « a fait fortune dans les colonies ». Il aurait commandé un navire de corsaires. Bref, ce monsieur, qui a pour nom Larocque, a épousé une créole avec laquelle il a eu un une fille très jolie : Marguerite. Tout ce beau monde vit donc dans un château de Bretagne et règne sur un domaine assez vaste.

Le récit des événements se déroule dans un lieu clos, si j’ose dire. Loin de Paris et de toute autre ville d’importance, la famille vit repliée sur elle-même, fréquentant l’élite aristocratique des villages environnements. Bien entendu, ils sont riches, très riches même, et la jeune fille, d’une beauté remarquable, suscite bien des convoitises de la part de ces nobles locaux qui n’ont plus le lustre d’antan… et qui, pour rehausser leur mode de vie, se déclarent prêts à épouser une roturière. Un nom contre du pognon, quoi. Un échange équitable en cette ère post révolutionnaire. Mais Maxime Odiot, régisseur de ce domaine, cache la qualité de ses origines pour éviter qu’on soupçonne ses états de noblesse qui, s’ils s’avèrent connus, pourraient lui faire perdre son emploi… Oui, je sais, normalement c’est plutôt son casier judiciaire qu’on cache au tout venant… mais, dans le contexte de l’époque, ça se comprend.

Ai-je besoin de continuer ? Maxime tombera amoureux de la belle Marguerite, amour impossible au premier abord, mais il s’agit d’un roman, non ? Un roman très romantique en plus dont l’auteur place en haut de son échelle des valeurs la noblesse d’un homme, même s’il est pauvre comme Job. Noblesse de cœur, bien entendu, conjuguée à la « noblesse de race ».

Dans l’ère de barbarisme dans laquelle nous vivons depuis le début de ce siècle, la lecture d’un tel roman peut faire du bien. Et l’intrigue en milieu fermé, même quand il ne s’agit pas d’un roman policier, a le don d’entourer une histoire d’un aura de mystère. Bref, Le roman d’un jeune homme pauvre constitue hors de tout doute un roman d’un autre temps, mais ça demeure un bon roman que je n’hésite pas à vous conseiller.

Octave Feuillet, Le roman d’un jeune homme pauvre, Calmann-Lévy, c1883, disponible à la Bibliothèque électronique du Québec.

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