LP00 : Au commencement, Pierre Charron

Pierre Charron et Judith Martin sont le couple de Français, résidents de Meaux (Seine-et-Marne), qui a engendré les douze générations de Ducharme du Canada. C’est d’eux, donc, que tout part.

Qui étaient-ils ?

On ne sait pas grand-chose sur eux, mais ce que l’on sait, toutefois, ne manque pas d’intérêt. On sait qu’ils sont nés, se sont mariés et sont morts à Meaux, une commune d’Île-de-France sise dans le département actuel de Seine-et-Marne, à quelque cinquante kilomètres à l’est de Paris. Tous deux étaient protestants, calvinistes plus précisément. Pierre est né vers 1607 et baptisé le 30 janvier de la même année. Quant à Judith, elle est née le 31 juillet 1611. Ils se sont mariés le 3 août 1632 au temple protestant de Nanteuil-lès-Meaux. Ils sont morts très jeunes. Pierre est décédé avant d’avoir 40 ans, vers 1644 ; Judith serait décédée en 1652, à l’âge de 41 ans.

Temple de Nanteuil lès Meaux, détruit en 1685, reconstruit au même emplacement en 1827 (source : http://huguenotsinfo.free.fr/temples/nanteuil.htm)

Pierre le père était maître mégissier, c’est-à-dire tanneur de petites peaux, surtout de moutons et de chèvres. Il semblerait qu’on utilisait ce matériel pour fabriquer les chaussures et des gants. Pour en savoir davantage sur ce métier un peu oublié, veuillez lire l’article de Wikipédia à ce sujet.

De Pierre Charron, on sait qu’il savait lire et écrire. En tout cas, selon les auteurs du site consacré à la famille de Charron-Ducharme, il savait signer son nom.

Ils n’ont eu qu’un seul enfant : Pierre, notre ancêtre. Orphelin de père et de mère, il quitte la France en 1661 pour s’établir au Nouvelle-France. Il avait 26 ans. Qu’est-ce qui l’a motivé à tenter cette aventure ? Bien que l’Édit de Nantes n’a été proclamé qu’en 1685, les relations entre catholiques et protestants auraient commencé à se dégrader à Meaux. Nous pouvons donc légitimement penser qu’il valait peut-être mieux pour lui d’aller se faire voir ailleurs. Il avait bien raison parce que, dès la proclamation de ce fameux édit royal, Louis XIV ordonne la destruction du temple protestant de Meaux, ce même lieu de culte dans lequel a été célébré le mariage de Pierre et Judith.

La Nouvelle-France n’a pas attendu la révocation de l’Édit de Nantes pour déclarer non gratta les protestants en Nouvelle-France. Sur le site consacré à l’histoire du Québec, on apprend qu’en 1588 une ordonnance fait du catholicisme la religion prépondérante en Nouvelle-France. Mais Paul Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal, un fervent catholique s’il en est (la foi religieuse est à l’origine de la ville, ne l’oublions pas), accepte les protestants à Ville-Marie à la condition qu’ils soient hommes de métier. Comme on peut le constater, le pragmatisme politique ne date pas d’hier… Nous reviendrons sur cette question quand nous nous pencherons sur Pierre, le fils de ce Charron de la génération zéro.

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