Franz Kafka : La métamorphose

KafkaAu cours de mon existence, j’ai tenté à plusieurs reprises de lire La métamorphose de Franz Kafka. Je me souviens que cette œuvre faisait partie des lectures imposées dans un cours de littérature au collège mais, malgré cette obligation, je ne crois pas avoir dépassé la dixième page… Je ne sais trop pourquoi, mais l’histoire de cette homme qui se réveille un beau matin métamorphosé en cloporte ne me disait rien qui vaille… Dans le roman – ou plutôt cette novella car il s’agit d’une grosse nouvelle, en fait -, Kafka ne mentionne pas l’espèce d’insecte autrement que sous le qualificatif de « monstrueux », mais le lecteur avisé comprend bien qu’il s’agit d’un insecte muni de nombreuses pattes. D’ailleurs, la dernière bonne de la maison familiale, la seule qui n’ait pas peur de la « bête », le traite de cafard. Bref, Gregor Samsa, un représentant des ventes, voire un voyageur de commerce, se réveille en une sorte de gros insecte rampant. De cette transformation naissent une série de situations aussi absurdes les unes que les autres.

Il y a eu des dizaines d’interprétations de cette œuvre. Plus de vingt-huit si j’en crois Wikipédia. Et plusieurs étudiants en littérature dans le monde en ont fait des mémoires et des thèses. Faites des recherches si vous voulez… bien que cela ne représente guère d’intérêt car, au fond, La métamorphose n’est rien d’autre que le récit d’un homme aux prises avec de multiples responsabilités familiales (sa famille compte sur lui pour s’assurer d’un niveau de vie acceptable) et professionnelles (son patron va jusqu’à envoyer son fondé de pouvoir pour s’enquérir de son état… alors qu’il est tout simplement en retard !) et qui, un beau matin, pète une coche… comme nous disons ici, au Québec. D’ailleurs, Kafka a imaginé cette histoire alors qu’il n’avait lui-même pas envie de sortir du lit… En effet, pendant qu’il rêvassait, il a construit ce récit sans queue ni tête dont il a débuté la rédaction le jour même. Au fond, La métamorphose appartient au genre de l’absurde, ce même genre que reprendront avec succès des écrivains français comme Camus, Vian et Sartre par la suite.

La métamorphose est une lecture qui suscite immanquablement le malaise chez le lecteur, une lecture qui le fait sortir de sa zone habituelle de confort. C’est sans doute pour cela que je n’ai jamais réussi à lire cette œuvre en mes vertes années. Le récit de Franz Kafka s’avère aussi une lecture qui dérange parce que l’être en changement, en transformation, celui qui bouleverse ses habitudes, provoque toujours la panique autour de lui. D’ailleurs, même ceux qui l’aiment, comme les membres de sa propre famille par exemple, sont prêts à faire beaucoup pour retrouver leur état initial, quitte à procéder à l’élimination physique du proche métamorphosé…

La métamorphose est une œuvre pessimiste qui offre une fin déroutante à son lecteur désemparé… Je vous laisse la (re)découvrir, si toutefois vous avez le courage d’en entreprendre la lecture…

Kafka, Franz. La métamorphose suivi de Dans la colonie pénitentiaire / traduit de l’allemand par Bernard Lotholary. Œuvres libres de droit, c1915, disponible la Bibliothèque électronique du Québec.

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