L’humanisme, une croyance

Je n’aime pas dire que je suis athée. Je n’aime pas dire ça en raison du fait que cela contrevient à un principe taxonomique fondamental : on ne définit pas un objet parce ce qu’il n’est pas. Or, le signe privatif « a » m’embête parce qu’il me définit par rapport à des croyances que je ne partage pas. Alors, au lieu de me dire athée, je préfère dire que je suis humaniste. Je sais, il y a des humanistes chrétiens… voire musulman. Mais j’adopte une approche très stricte de l’humanisme qui, par définition, place les croyances religieuses au second plan de mes préoccupations. Bref, l’essentiel n’est pas là…

Qu’est-ce que l’humanisme ? Il s’agit d’un ensemble de valeurs centrées sur l’être humain. En cela je postule que la vie humaine constitue la valeur suprême, la valeur fondamentale qui devrait être partagée par l’ensemble des croyances de la planète. Bref, rien de plus sacrée que la vie. Malheureusement la plupart des religions ne partagent pas cette valeur, elles qui placent le sacrifice humain en haut de leur échelle de valeurs. Ne voit-on pas chaque jour des kamikazes qui meurent pour leur Dieu ? Des musulmans, certes, mais pas seulement.

L’humanisme n’est pas étranger à la foi, la foi en l’avenir des hommes et des femmes dans leur combat pour l’avènement d’un monde plus juste. Si Dieu dans l’Ancien Testament se définit par « celui qui est », cet être universel n’est pas incomparable avec l’humanisme. On peut donc être humanisme tout en s’exerçant à une spiritualité. Mais cette spiritualité n’est pas basée sur un ensemble de dogmes encadrés par des rites, mais sur l’étude et la recherche.

Dans l’Évangile de Thomas, un texte apocryphe, on peut lire (loggion 2): « Jésus a dit : Que celui qui cherche ne cesse de chercher jusqu’à ce qu’il trouve ; et quand il aura trouvé, il sera bouleversé et, étant bouleversé, il sera émerveillé, et il régnera sur le Tout. »
Le tout ici n’est peut-être rien d’autre que l’acceptation de notre finitude, et le fait que tout homme sensé doit se préparer un jour ou l’autre à faire le grand saut dans le Néant. Toutefois, avant de faire ce saut, il cherche à comprendre… car tout humaniste postule que les hommes et les femmes ont ce qu’il faut pour exercer leur libre arbitre, leur jugement. Ils ont les ressources en eux permettant d’accomplir leur destin, peu importe la religion qu’ils ont adoptée en fonction de la région du monde dans laquelle ils sont nés.

J’ai écrit plus haut que l’humanisme est un ensemble de valeurs. En cela, il constitue une croyance, un projet, un souhait. Fasse le ciel qu’il se réalise.

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2 réflexions sur “ L’humanisme, une croyance ”

  1. Vivre l’humanisme comme une croyance, n’est plus de l’humanisme, mais un credo. L’humanisme que je vis, tient à une démarche consciente de rechercher une justice, une équité entre les hommes. C’est un désir de s’éloigner d’un monde de profits pour remettre l’homme au centre de nos préoccupations, pas un ensemble de valeurs à partager. Malheureusement, pour bcp c’est un ensemble de recettes à appliquer en suivant sont chef cuisinier préféré: une pensée prémâchée qui n’a rien à envier aux religions!

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