Honoré de Balzac : Pierrette

telechargement-1Je poursuis ma lecture des Scènes de la vie de province avec Pierrette, roman qui fait suite à Ursule Mirouet et Eugénie Grandet. Comme d’habitude chez Balzac, le récit n’est pas structuré en chapitre mais, malgré les nombreuses digressions et contextualisations, le discours reste fluide. Cela ne manque pas de m’étonner, d’ailleurs, parce que je me demande bien comme il faisait, Balzac, pour ne jamais perdre le fil de son histoire… Il ne disposait pas comme nous d’ordinateur muni d’un traitement de texte, encore moins d’un logiciel d’écriture, mais simplement d’une plume, d’un pot d’encre et de papier. Peu importe, chez Balzac, l’intrigue se met toujours en place après plusieurs dizaines de pages de mises en contexte, et Pierrette n’échappe pas à cette règle. Il s’agit sans doute pour l’auteur de bien faire comprendre au lecteur le parcours des Rogron, frère et soeur célibataires qui jouent un rôle clé dans la destinée tragique de Pierrette.

Pierrette est une petite fille de quatorze ans que sa grand-mère, depuis sa lointaine Bretagne, a confié aux Rogron, de vagues cousins qui, rongés par l’ambition, espèrent obtenir une place bien en vue dans la bonne société de Provins. Mais voilà que le frère et la sœur se livrent à diverses maltraitances sur la personne de leur pupille, l’obligeant à assumer les fonctions d’une bonne qui s’échine à la tâche du matin au soir. Sylvie Rogron s’avère particulièrement cruelle, notamment en raison d’une jalousie maladive qui remplit son cœur de haine. Ça se termine mal, bien entendu (nous ne sommes pas dans un film américain) et, après la mort de Pierrette, tout le monde reprend sa vie sans être inquiétée par la Justice qui, même en suivant son cours, fait preuve d’une inefficacité remarquable…

Le roman de Balzac est d’un réalisme stupéfiant et illustre, encore une fois, le pessimisme social qui l’anime. En effet, ça se termine plutôt mal, cette histoire, et les « méchants » ne sont pas punis. À l’instar de Vinet, ce personnage ambitieux et arriviste peu scrupuleux, certains montent même de quelques degrés dans l’échelle de la société. Bref, justice n’est pas rendue à l’endroit des victimes, et la vie poursuit son cours. C’est dur, tout de même, pour le lecteur qui lit des romans pour – justement – échapper aux contingences de la société… À vous de voir si cela vous plaira. Pour ma part, étant un fan de Balzac, je ne peux que vous recommander la lecture de l’ouvrage.

Honoré de Balzac, Pierrette, c1840, disponible sur plusieurs plateformes de diffusion d’ouvrages littéraires libres de droit.

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