Les journaux gratuits

captureJe ne prends pas souvent les journaux gratuits qu’on m’offre à la porte du métro. Ou, si je fais, c’est par solidarité envers les camelots qui se lèvent à l’aube pour assurer leur distribution. Ces gens-là se lèvent très tôt, bien avant tout le monde, pour un salaire dérisoire qui leur confère tout de même une dignité. Il s’agit souvent de personnes qui n’ont qu’une maigre prestation de retraite pour survivre, des personnes âgées de plus de soixante-cinq ans. Mais on rencontre aussi des gens plus jeunes qui ont sans doute leurs raisons pour exercer ce travail ingrat. Voilà pourquoi, qu’ils soient jeunes ou vieux, que je tiens à les encourager.

Donc, je les prends, ces journaux, même si je ne les lis pas. En fait, je les touche à peine, les glissant rapidement dans mon sac. Pour dire la vérité, je n’aime pas avoir les mains tachées d’encre. Je suis comme ça, que voulez-vous. Un vieux monsieur à ses habitudes, ses manies, ses tics. Et ça ne va pas s’arranger avec les années… Il y a aussi autre chose qui explique mon comportement et qui a trait au contenu de ces journaux qui ne font qu’effleurer les sujets. Personnellement, je ne souscrits pas au concept d’un quotidien qui se lit en quatorze minutes, durée moyenne d’un trajet en métro. On ne peut pas réduire un drame humain en quelques minutes de lecture. Aussi bien ne laisser qu’un titre… Un titre fait rêver, stimule l’imagination du lecteur, alors qu’un article trop court ne raconte rien, ne peut aller au fond des choses et, par conséquent, ne relate que l’événement… Une vison fugace d’un événement vite banalisé. Un peu comme les nouvelles du monde en trente secondes que nous offre le TVA Nouvelles chaque soir.

Bref, j’évite de prendre ces journaux, voilà tout, tout en m’efforçant de préserver les emplois de ceux qui les distribuent. Je les prends sans les prendre, donc. Comme d’autres prient sans prier, mangent sans appétit, travaillent sans passion, etc. Enfin… je les prends et les dépose dans un bac vert de récupération dès que j’en ai l’occasion.

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3 réflexions sur “ Les journaux gratuits ”

  1. Le slogan rebelle de l’année 2015 : If you’re not paying for it, you’re not the customer but the product. Voyez le petit dessin avec les cochons tout contents de bouffer gratos (sur la Toile : fremium-model.jpg).

    Complètement vrai la plupart du temps dans ledit fremium model, sauf que c’est aussi vrai dans le modèle payant, hâ. Nous sommes cernés…

    Je propose ceci, qui se vérifie avec l’expérience tant de fois renouvelable : LE JOURNALISTE NE SERT QUE LES INTÉRÊTS DE CELUI OU CEUX QUI LE PAYENT. Voyez, de Maupassant, l’embrouille magnifique menée par BEL AMI – c’est le nom du roman, et le nom du protagoniste… un journaliste… qui a ici agi sur ordre de son boss, lequel s’est payé le journal pour devenir millionnaire, décoré, gavé de subventions, et faiseurs de gouvernements.

    Voici ma règle :

    Si le média est financé par la pub, c’est donc un bidule SPONSORISÉ, comme un cycliste, un athlète, un dieu de l’aréna, un stade de soccer. Il ne sera jamais libre de vous informer sur les malversations de telle chaîne de production de consommables (produits à la pomme, chaussure griffées, costards de luxe), et passera à la trappe toutes les alertes égratignant ses annonceurs.

    Si le média est financé par un oligarche, c’est alors une machine PRIVATISÉE destinée à la promotion de la caste des oligarches, et toute opinion politique véritablement démocratique y sera taxée de populisme, de gauchisme digne de la Corée du Nord, d’immaturité outrancière fleurant bon la cour de récréation, du côté des pissotières. Toute information honnête concernant l’oligarche y sera censurée, et les lanceurs d’alerte seront impitoyablement poursuivis. Voyez, en France, Dassault, Lagardère, Pinault, Bolloré… et leurs victimes.

    Si le média est financé intégralement par ses lecteurs, alors vous avez enfin sous les yeux un média INDÉPENDANT, non privatisé par une puissance quelconque. Un média d’opinion, orienté probablement, mais servant enfin les intérêts de son lectorat. Évidemment, il coûte de l’argent. Le modèle électronique héberge quantité de ces médias libres, puisque s’y abonner n’est pas trop cher, tandis que les pauvres médias en papier ou en télé coûtent une fortune en aluminium, en encre, en papier, en eau, en usine, en humains, en trains, en transporteurs, en ondes, en licenses… Et cela les oblige, pour ne pas coûter un oeil aux clients, à accepter d’être financés en partie par… la publicité, les oligarches, ou les deux. En France, quasiment toute la presse quotidienne en papier est soumise à ce régime du pacte faustien.

    Enfin, si le média est gratuit, il est alors, selon mon petit avis, TOXIQUE comme la pomme de la sorcière, et moi je ne suis pas Blanche-Neige. Aussi bien, je n’ai pas le bon coeur de Daniel : je n’encourage pas la distribution d’un tel pâté, je la décourage au contraire, car je ne veux pas que mes concitoyens, qui parfois votent, soient empoisonnés au point d’en finir par aimer ceux qui les oppriment, et détester ceux qui voudraient les libérer (de qui est cette citation ? Indice : le patronyme tient en une lettre)… Ah, que je suis méchant. Pardon, Daniel.

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    1. Bah… ! Je sais que tu as bon coeur aussi et, devant ces pauvres bougres qui se lèvent aux aurores pour te remettre le journal en te souhaitant une bonne journée, tu le prendrais… Le réalité amoindrit les principes… qui ne doivent pas, toutefois, disparaître !

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  2. Moi non plus je n’aime pas avoir les doigts tachés d’encre.. Mais ici les journaux gratuits ne sont pas distribués, ils sont à disposition ds des caissettes… Puis sur les banquettes des bus ou des trams. Mais en général je ne les lis pas, car on n’y trouve aucune véritable info.

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