G.-J. Arnaud : La Compagnie de glaces

Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais été un adepte des romans de science-fiction. Plus jeune, j’ai lu quatre ou cinq titres parmi lesquels figurent 1984 de George Orwell, Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley et Un bonheur insoutenable d’Ira Levin. Mais voilà que, le 31 octobre dernier [2011], on annonçait que la Terre venait de franchir le cap des sept milliards d’individus et que, le même soir, dans un entretien accordé à Céline Galipeau, au Téléjournal de Radio-Canada, l’astrophysicien Hubert Reeves prédit, de sa petite voix fluette, que l’espèce humaine ne survivra pas au prochain siècle. Vous, je ne sais pas, mais moi cela m’a ébranlé… Le soir même, je suis allé marcher dans mon quartier, réfléchissant à ce qui venait d’être dit : ça ira pour moi, ça sera plus difficile pour mon fils mais, pour mon petit-fils ou ma petite-fille, ça deviendra carrément impossible. Je n’ose moi-même imaginer ce qui se passera… mais d’autres l’ont fait et ce, depuis longtemps. Et c’est ce qui explique ce nouvel intérêt pour la S.-F.

G.-J. Arnaud fait partie de ces auteurs qui se sont amusés à imaginer le monde après un cataclysme majeur. Le résultat en est La Compagnie des glaces, une épopée post-apocalyptique dans laquelle le monde est entré dans une nouvelle ère glaciaire suite à l’explosion de la lune dont la poussière empêche les rayons du soleil de pénétrer. D’où cette glace qui recouvre la surface de la Terre. Après le cataclysme, seules les sociétés de chemin de fer peuvent fonctionner. Elles prennent alors le contrôle des villes qui sont érigées sur des rails et qui, par le fait même, sont mobiles. La Compagnie n’est pas seule, toutefois… et se retrouve perpétuellement en guerre contre d’autres sociétés qui fonctionnent sous le même modèle. Le héros de ce premier tome est Lien Rag, un glaciologue qui s’intéresse de trop près aux Hommes-Roux, des hommes à fourrure rousse qui peuvent supporter le grand froid. Depuis l’ère glaciaire, on connaît peu ces hommes qu’on assimile à des animaux. D’ailleurs, en ces temps de totalitarisme politique, l’ethnologie devient une science suspecte, voire carrément proscrite. Mais Lien déjouera les plans du pouvoir et, à la fin du volume, fera une découverte étonnante…

Georges-Jean Arnaud est un auteur français né en 1928. Il a pratiqué tous les genres en recourant à des dizaines de pseudonymes. Fort de ses 98 épisodes, La Compagnie des glaces serait, selon Wikipédia, la plus longue série de romans de science-fiction jamais écrit par un auteur seul… Je ne sais pas s’il s’agit d’un grand roman ou non, et j’ignore encore si je me taperai les 97 volumes restants, mais j’ai aimé celui-là que j’ai dévoré en quelques jours dans les transports publics. Seule ombre au tableau : le livre, dans le futur de G.-J. Arnaud, est véhiculé sur support papier… mais, au début des années 1980, peut-être n’était-on pas prêt à envisager la lecture numérique comme un acte quotidien.

G.-J. Arnaud, La Compagnie des glaces. Fleuve noir, c1980.

Les deux premiers tomes sont maintenant disponibles en format numérique à la boutique Kindle d’Amazon Canada.

2011, rév. 2017

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