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Le projet ÉLP a dix ans : une info du 1er novembre 2005

Logo : Nolia Gervais, 2008
Logo : Nolia Gervais, 2008

Il y a dix ans, René Girard dit Le Gonze, Pierre Rivet et moi fondions le site Écouter Lire Penser, culture Web et expressions. Après le décès du Gonze en 2007, Paul Laurendeau s’est joint à l’équipe, laquelle s’est enrichi d’Allan E. Berger par la suite, Pierre nous ayant quitté pour des raisons de santé. En 2009, l’équipe décide de doter le projet ÉLP d’une maison d’édition et publié coup sur coup trois ouvrages. Carolle Gagné se joint à l’équipe à ce moment-là, notamment pour s’occuper des communications, ce qu’elle fera dans la joie pendant quelques années. Puis ÉLP, né au Québec, allait prendre rapidement une dimension francophone avec l’arrivée dans l’équipe d’Aline Jeannet, une digne représentante de la Confédération helvétique. L’édition papier étant devenue difficile à assumer, l’équipe se tourne vers le numérique qui, lui, ne connaît pas de frontière. ÉLP débute ses activités d’éditeur numérique à l’automne 2011 avec douze titres par année. Aujourd’hui, il compte près de 80 ouvrages à son actif. Après le départ d’Aline Jeannet pour raisons familiales, Perrine Andrieux, une jeune Française ayant élu domicile à Bruxelles, se joint à l’équipe.

Je pourrais écrire un long texte sur toute cette histoire, mais cela aurait peu d’intérêt pour le lecteur actuel. Pour cette raison, je me contenterai de reproduire la première « info » que nous avons fait paraître sur le site originel d’écouter lire penser le 1er novembre 2005.

Écouter lire penser lance un appel à participer

Nous ne pouvions consacrer la première info d’écouter lire penser qu’à un seul événement: le lancement de notre site. Ce site, nous comptions le mettre en ligne en janvier 2006. Si nous devançons son lancement, c’est simplement pour susciter la collaboration de ceux et celles qui souscrivent au projet, qui en partagent l’esprit et qui ont envie d’y participer. Par ailleurs, la rumeur alimentée par le bouche-à-oreille a piqué la curiosité des uns et soulevé l’intérêt des autres, et d’aucuns ont ouvertement manifesté le désir de voir le site en ligne avant d’y collaborer. C’est pourquoi certaines rubriques sont encore «en attente de contenu», le site étant toujours «en construction», pour utiliser le langage déjà cliché du Web.

Le contenant textuel du site – le métaweb, si on peut dire (description des rubriques, du projet et des collaborateurs) – ainsi que le graphisme vont évoluer. Par exemple, nous pourrions éventuellement fractionner la rubrique idées et en créer une qui s’appellerait conscience sociale. Et pourquoi pas une rubrique jeunesse bientôt ? Tout est possible mais, pour l’instant, nous souhaitons simplement qu’écouter lire penser fasse suffisamment parler de lui pour susciter des collaborations. Par ailleurs, il n’est pas nécessaire de se sentir «inspiré» ou être soi-même écrivain pour collaborer à ce projet qui n’en est qu’à ses premiers balbutiements. Vous êtes concepteur web ? graphiste ? correcteur-réviseur ? Si vous adhérez à l’esprit d’écouter lire penser et avez envie d’y collaborer, écrivez-nous et, comme disait un prophète dont nous avons oublié le nom :  « Nous vous répondrons ».

Les futures infos porteront justement sur l’évolution du site, mais pourront aussi comprendre des nouvelles de la communauté culturelle ou toute information jugée pertinente qui ne serait pas déjà largement couverte par les médias. Les sections participer et le projet précisent nos orientations, notre engagement et certaines conditions de participation. Les autres rubriques sont consacrées à l’expression critique (lecturesidées, profilsentretiens et thématiques) et, bien entendu, à la création (fictionpoésie et feuilletons).

Écouter lire penser n’est ni un webzine ni un site d’actualité littéraire. Il s’agit d’un site d’expressions propre à la culture web, une culture qui peut certes se consommer rapidement, mais dont la qualité et l’originalité accordent une visibilité à ses contenus sur une période de temps a priori indéterminée. Il est animé par trois individus qui oeuvrent dans des domaines fort différents et qui ont chacun leur personnalité, ce qui ne les empêchent pas de travailler en mode consensuel depuis le début de l’été 2005 pour lancer ce site.

Écouter lire penser démarre aujourd’hui en vous proposant dix-neuf textes : un entretien, deux lectures, deux idées, un dossier, six nouvelles et sept poèmes. C’est un début modeste, nous en convenons aisément. D’où cet appel à participer. Ne ratez pas l’entretien que Sinclair Dumontais, l’animateur du site Dialogus et auteur de deux romans, a accordé à Daniel Destrembles, histoire d’inaugurer en beauté notre rubrique entretiens.

Bonne lecture. Et au plaisir de vous lire et de vous diffuser.

Si vous voulez consulter une page Web du site d’origine, en voici une capture faite le 24 novembre 2005 par Internet Archives.

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L’édition d’un recueil de poèmes est-elle le meilleur véhicule pour la poésie ?

Un recueil de poèmes publié par ÉLP éditeur
Un recueil de poèmes publié par ÉLP éditeur

La poésie est un genre littéraire aussi ancien que la littérature elle-même. Elle prend son origine dans la tradition orale et, par le fait même, elle précède l’écrit. On comprend aisément que son importance ne saurait être mise en doute. Certes, la poésie a beaucoup évolué depuis ses débuts. Des vers codifiés nous sommes passés aux vers libres dont la rime est souvent absente. Cette poésie-là a ses poètes, ses lecteurs, ses moyens de diffusion grâce à quelques maisons d’édition spécialisées qui subsistent tant bien que mal malgré les difficultés – financières, entre autres choses.

Mais il y a aussi la poésie qui se retrouve dans la vie quotidienne des gens par le moyen de la chanson. Certes, d’aucuns prétendent qu’il s’agit d’un genre mineur… Peu importe, ces airs qu’on écoute chaque matin à la radio au point de les connaître par cœur imprègnent notre quotidien. Et quand plus tard, on se remémore les événements qui ont marqué notre vie, on se rend compte que des chansons sont associées à chacun d’eux, chansons qui servent d’ailleurs de déclencheur aux processus mémoriels.

Qu’écoutent donc tous ces gens dans leurs oreillettes de leurs smartphones? Des chansons, donc de la poésie versifiée. Certes, on peut douter de leur qualité… mais, à l’instar des romans, voire des films, cette qualité est parfois bonne, parfois mauvaise.

Chez ÉLP éditeur, nous sommes sans doute un des seuls éditeurs 100% numériques qui publie encore de la poésie. À l’exception du magnifique recueil de Thierry Cabot, La Blessure des Mots, nous n’en vendons pas beaucoup, mais certains membres de notre équipe tiennent la poésie en haute estime et n’hésitent pas à investir de leurs temps pour continuer à en éditer. Pourquoi pas? Après tout, chez ÉLP éditeur, l’argent n’est pas notre motivation première, du moins tant que nos dépenses demeurent limitées. Nous vendons des ebooks, pas des panneaux solaires.

Personnellement, je ne partage pas toujours l’enthousiasme des mes collègues pour ce genre littéraire. Bien entendu, je n’ai rien contre le fait de publier des recueils de poèmes, mais je doute que le livre, même sous la forme d’un ebook, soit le meilleur véhicule à cette forme de création littéraire qui a traversé les siècles. À mon humble point de vue, je pense sincèrement que le blog, notamment le blogbook, s’avère un véhicule beaucoup plus adapté à la lecture des poèmes en notre siècle technologique. Imaginez un projet de recueil qui prendrait la forme d’un blogbook sur lequel le poète publie un poème par semaine. Cela n’empêcherait pas de publier le recueil une fois la première phase terminée, mais cette publication constituerait le résultat du processus de création et de diffusion, son aboutissement, et non un moyen de diffusion privilégié. Imaginez un poète qui réussirait à fidéliser un certain nombre de lecteurs au fil des semaines. Cela lui ferait 104 poèmes en deux ans, donc un recueil. D’année en année, le poète construirait son œuvre et, au bout du compte, risquerait d’être beaucoup plus lu que s’il publiait au préalable un recueil, ouvrage qu’il vendrait sans doute à quelques exemplaires dans les trois premiers mois avant qu’il ne tombe dans l’oubli.

Non, plus je réfléchis à la question, plus je crois que le blogbook constitue le meilleur véhicule pour la poésie, un moyen adapté au temps présent et qui remet à l’avant-scène un genre littéraire qui n’est pas prêt de s’éteindre. Et j’ai d’ailleurs réussi à convaincre mes collègues car, depuis le printemps 2015,  nous avons lancé ÉLP Poésie, le blog(ue) des poètes d’ÉLP éditeur…